« Il m'est arrivé plusieurs aventures presque miraculeuses; c'est du moins ainsi que je les considère encore, quoique à un autre point de vue et, surtout à en juger d'après le tourbillon où j'étais alors entraîné, elles étaient tout juste exceptionnelles. Mais le miacle, pour moi, c'est la façon dont je me comportai au milieu de ces évènements. Je ne me comprends pas encore! Et tout ceci a passé comme un songe, même ma passion; pourtant, elle était forte et sincère, mais... qu'est-elle devenue maintenant? C'est vrai, parfois une pensée me vient brusquement à l'esprit: "N'étais-je pas fou alors, et n'ai-je pas passé tout ce temps dans un asile d'aliénés? Peut-être y suis-je encore, peut-être tout celà n'était-il et n'est-il encore qu'une apparence..." J'ai rassemblé et relu mes notes, qui sait, peut-être pour me convaincre que je ne les ai écrites dans un asile? Maintenant, je suis seul au monde. L'automne vient, les feuilles jaunissent. Je suis dans cette petite ville morose [...] et, au lieu de songer à l'avenir, je vis sous l'influence de sensations à peine évanouies, sous l'influence de souvenirs récents, de toute cette tempête encore proche qui m'a emporté un temps dans son tournoiement et qui m'a rejeté. Par moments, j'ai encore l'impression que je suis pris dans ce tourbillon, que l'orage va se déchaîner, me saisir au passage avec son aile et que, perdant l'équilibre et le sens de la mesure, je vais me mettre à tourner, tourner, tourner... »